Brice Oligui Nguema estime que les pays occidentaux doivent financer la préservation des forêts africaines : « C'est vous qui polluez ».
Dans les colonnes du Figaro, Brice Oligui Nguema a demandé aux pays occidentaux de contribuer davantage au financement de la préservation des forêts tropicales africaines, estimant que l'Afrique ne peut assumer seule cet effort mondial.

« Il faut préserver les forêts, mais à quel prix ? » C'est la question posée par le président gabonais Brice Oligui Nguema dans un entretien accordé au quotidien français Le Figaro, à l'approche de sa visite d'État en France, du 20 au 22 juillet. Le chef de l'État y plaide pour un partenariat plus équitable entre l'Afrique et les pays occidentaux en matière de protection de l'environnement.
Le Gabon, dont près de 88 % du territoire est recouvert par la forêt tropicale du bassin du Congo, figure parmi les rares pays au monde qui absorbent davantage de dioxyde de carbone (CO₂) qu'ils n'en émettent. Pour Brice Oligui Nguema, cet effort en faveur du climat mondial mérite une compensation financière de la part des grandes puissances industrielles.
« Il faut qu'on nous paie, parce que c'est vous qui polluez. Ce ne sont pas les Africains qui polluent. Nous protégeons nos forêts, mais nous ne pouvons pas le faire au détriment de notre développement », a-t-il déclaré. Le président gabonais appelle ainsi à la mise en place d'un mécanisme de financement permettant de concilier la préservation des forêts africaines et les besoins de développement des pays qui les abritent.
Cette position n'est pas nouvelle. En novembre 2025, lors d'une rencontre à Libreville avec le président français Emmanuel Macron, Brice Oligui Nguema avait déjà dénoncé le fait que le Gabon supporte, depuis plus d'un demi-siècle, le coût de la protection de son patrimoine forestier sans bénéficier d'un soutien international à la hauteur des enjeux. Il avait alors réclamé un partage plus juste des responsabilités face à la lutte contre le changement climatique.
Devant l'Assemblée générale de l'ONU, il avait également appelé à un partenariat international plus juste, garantissant une rémunération équitable des services environnementaux rendus par les forêts gabonaises et africaines.
Cette deuxième visite en France a également été marquée par des discussions entre les présidents gabonais et français sur l'avenir de la base militaire française de Libreville et sur les perspectives de développement de la transformation locale du manganèse.


