Du fauteuil de maire de Marrakech à la tête du gouvernement marocain : le parcours de Fatima Ezzahra El Mansouri
Première femme appelée à diriger le gouvernement marocain, Fatima Ezzahra El Mansouri avait déjà marqué l’histoire en devenant la première femme à la tête de la mairie de Marrakech. Elle affirme aujourd’hui vouloir « redonner espoir » à la jeunesse, dans un contexte marqué par d’importantes attentes sur les plans économique et social.

Issue d’une famille de notables de Marrakech, cette femme brune de 50 ans, souvent reconnaissable à ses lunettes à monture sombre, a également été élue députée lors des élections législatives de mercredi dernier.
Privée de majorité absolue, Mme El Mansouri devra s’appuyer sur d’autres formations politiques afin de constituer une coalition gouvernementale. Son expérience à la tête de la direction collégiale du Parti authenticité et modernité (PAM) pourrait lui être précieuse pour trouver des compromis et nouer des alliances.
Au-delà des négociations politiques, la nouvelle dirigeante devra rapidement s’attaquer à plusieurs défis majeurs, notamment la progression du chômage, l’augmentation du coût de la vie et les inégalités sociales, qui touchent particulièrement la jeunesse.
« Les jeunes traversent une crise et nous devons leur apporter des réponses. Nous voulons leur redonner espoir, non seulement à travers des discours, mais surtout grâce à des solutions concrètes », déclarait-elle durant la campagne électorale.
Le scrutin est intervenu moins de deux mois après la crise migratoire de Ceuta, qui avait une nouvelle fois attiré l’attention sur le malaise d’une partie de la jeunesse marocaine.
À la fin du mois de juillet, des dizaines de milliers de migrants, principalement marocains, avaient rejoint clandestinement l’enclave espagnole de Ceuta depuis Fnideq, la ville marocaine située à proximité.
L’année précédente, un collectif baptisé GenZ 212, dont les fondateurs restent anonymes, avait également émergé sur les réseaux sociaux. Pendant près de deux semaines, le mouvement avait organisé presque quotidiennement des manifestations pour réclamer une amélioration des services publics, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé.
Du local au national
Avocate de formation, Fatima Ezzahra El Mansouri entre en politique en rejoignant le Mouvement de tous les démocrates, créé par le conseiller royal Fouad Ali El Himma. Ce mouvement servira ensuite de socle à la création, en 2008, du Parti authenticité et modernité (PAM).
Sous les couleurs du PAM, elle est élue maire de Marrakech en 2009, à seulement 33 ans, devenant ainsi la première femme à accéder à la tête de la ville touristique.
Deux ans plus tard, elle fait son entrée au Parlement et poursuit parallèlement son ascension au sein du PAM, dont elle est aujourd’hui coordinatrice nationale.
« J’ai commencé la politique au niveau local. La confiance, je la puise auprès des citoyens de Marrakech qui m’ont accordé leur confiance », expliquait-elle récemment dans un podcast.
Son parcours connaît toutefois un coup d’arrêt en 2015, lorsqu’elle perd la présidence du conseil communal de Marrakech au profit du Parti de la justice et du développement (PJD).
Six ans plus tard, en 2021, elle retrouve la tête de la mairie de Marrakech, ville qui compte plus d’un million d’habitants. La même année, elle est nommée ministre de l’Habitat au sein du gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch.
Au cours de son mandat à la tête du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri devra également accompagner plusieurs dossiers d’envergure, parmi lesquels la co-organisation de la Coupe du monde 2030 et le projet marocain de plan d’autonomie pour le territoire disputé du Sahara occidental.
Née en 1976 à Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri est mariée et mère de deux enfants, selon l’agence officielle MAP.




